Le meurtre du métro

Où on découvre que finalement, le métro aux heures de pointe, c’est pas si mal !

Le jour de la Pentecôte, en 1937, Paris est enfin le décor d’un crime parfait qui reste aujourd’hui encore potentiellement irrésolu. Ce 16 mai, six passagers montent dans un wagon de première classe à la station de la Porte Dorée, s’installant aux côtés d’une inconnue déjà présente, seule. Cette dernière, habillée d’une robe verte et d’un grand chapeau blanc, semble endormie. Mais certains ont le sommeil lourd : lorsque le métro démarre, la femme chute sur le sol, inerte. Un des passagers, manifestement médecin, se précipite et constate que la victime a un couteau laguiole profondément planté dans le cou. Que voulez-vous, il y a des jours comme ça…

Alors, tout Paris se passionne pour cette mystérieuse affaire : comment a-t-on pu assassiner Laetitia Toureaux ? Porte Dorée n’était à l’époque qu’à une station du début de la ligne 8 et les témoins n’ont vu personne quitter le wagon alors qu’ils y montaient. Le tueur aurait-il sauté du train en marche entre deux stations ? Les journaux se nourrissent de ce cas insolite, fascinés par cette inconnue à la robe verte. Des recherches sont faites sur la victime qui, ayant tout de l’employée d’usine modèle, se trouve finalement être mêlée au milieu du renseignement. On la suspecte tour à tour d’avoir des liens avec La Cagoule, une organisation d’extrême droite, ou bien de travailler pour l’Italie fasciste en tant que mouchard. Mais cela ne fait qu’assombrir le mystère.

Leatitia Toureaux était aussi connue pour courtiser des hommes hauts placés

Mais tadam, coup de théâtre : la vérité éclate 25 ans plus tard, lorsqu’un médecin envoie une lettre à la Police judiciaire dans laquelle il avoue le meurtre de Laetitia Toureaux (tout ça pour ça). Finalement, rien de politique, tout de passionnel : le jeune homme amoureux n’aurait pas supporté d’être rejeté par une femme aussi secrète et aurait donc opté pour une solution assez expéditive. Il explique aussi ne pas avoir sauté du métro en marche mais d’être passé d’un wagon à un autre grâce à une « clé pompier » (amoureux, oui, mais pas bête). Cependant, le crime étant prescrit, aucune recherche n’est faite : le doute peut encore persister sur l’identité du tueur. Et ça, ça me plait.

Moralité : « Ne mets pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort. »

Bastien, jeudi 5 janvier 2017

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À propos de Bastien

Librovore, étudiant en histoire de l'art et passionné de petites anecdotes, je pense que Paris est une ville aux milles facettes qui ne demandent qu'à être découvertes. Ayant quelques expériences dans Librovore, étudiant en histoire de l'art et passionné de petites anecdotes, je pense que Paris est une ville aux milles facettes qui ne demandent qu'à être découvertes. Ayant quelques expériences dans

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