Notre façon de voyager reflète-t-elle notre société?

Portée par l’augmentation du pouvoir d’achat et la formation d’une classe moyenne pendant la 2nde moitié du XXème Siècle, la possibilité de voyager et de se rendre à Paris a décuplé. Aussi le nombre de touristes en France est passé de 2 millions en 1950 à 85 millions en 2014 (dont 16 millions à Paris). Pour autant, la représentation collective du topos parisien – béret vissé sur la tête, marinière cintrée, et baguette sous le bras - n’en a pas moins faibli… Comment expliquer la persistance de ces clichés ?

Des clichés tenaces s’appuyant sur une culture de masse et mondialisée

La nouvelle tendance, et même fait de société, les « selfies » devant les monuments ou lieux emblématiques de leurs lieux de vacances fleurissent aux quatre coins des réseaux sociaux. Ce phénomène n’est finalement que l’aboutissement d’un processus qui a débuté avec la généralisation et l’accès aux appareils photos numériques, conduisant à une frénésie de l’image au détriment du réel. On n’entre plus en contact avec l’objet de la visite, on ne le saisit plus que par l’objectif de notre appareil photo. On choisit finalement volontairement de placer un écran-barrière entre le réel et nous. Ce-faisant nous nous soustrayons a l’interaction avec le réel pour rester dans le confort de l’imaginaire collectif avant de participer à la diffusion de ce-dernier en s’empressant de relayer notre « selfie » à notre répertoire d’amis.

En réalité, un certain nombre de touristes se rendant à Paris ne chercherait qu’à vivre le mythe, rencontrer l’objet de leur fantasme que leur ont proposé les films et les animations des grands studios ; faire du rêve une réalité en somme. L’immixtion de l’imaginaire dans le réel est d’ailleurs un business lucratif et plébiscité. La preuve en est Disneyland Paris qui reste depuis 10 ans la première destination touristique de France avec 14 millions de visiteurs par an en moyenne. Là où avant le voyageur se voyait nourrir son imagination par des récits de voyage comme ceux de Stendhal en Italie aujourd’hui le touriste est abreuvé par une machine à rêve qu’est Hollywood en représentations imagées d’une réalité déformée et parcellaire.

Depuis les Trente Glorieuses, les consommateurs ont eu la possibilité de voyager et de vivre la représentation (de Paris et des parisiens par exemple) qui leur a été montrée, conduisant à l’émergence d’offres touristiques dédiées, ne proposant finalement qu’une fuite hors du réel… Confrontés à la banalité du réel, ces touristes préfèrent en effet lui échapper tout a fait, se soustraire à son impératif de déception. C’est dans cette optique que se sont créés les circuits touristiques « de masse » en bus, bateau-mouche et plus récemment « 4 roues sous un parapluie » qui propose des tours dans Paris en 2CV avec un chauffeur habillé … en marinière et coiffé d’un béret ! L’imaginaire rencontre alors le réel … mais est-ce pour autant satisfaisant ?

Une volonté profonde de renouer avec l’authentique émerge

Ces dernières années une dynamique inverse tend à émerger. A force de voyages, l’illusion et le rêve perdent de leur superbe. On se rend compte alors que les « souvenirs » proposés dans les marchés, bazars, souks ne reflètent plus l’expression d’une culture ou d’un savoir-faire local, mais ne sont que l’impression en trompe l’œil de notre imaginaire sur la localité en question. Pis, ces souvenirs deviennent a minima uniformisés. Ainsi, d’une boutique souvenir à l’autre, on est sûr de retrouver les mêmes produits, aux mêmes prix. Dans certains cas on pourrait même parler de mondialisation du souvenir : il n’est pas rare de voir une Tour Eiffel miniature vendue à Istanbul ou à Marrakech… On peut aussi citer en exemple la rue de Rivoli qui s’est transformée d’arcades aux échoppes authentiques et variées, en suite de boutiques uniformisées et bas de gamme. On en vient alors à se poser la question : « où trouver du made in local » ?

Les artisans-commerçants traditionnels ont laissé place à un marché occidentalisé du souvenir destiné à vendre de l’attendu, de l’uniformité. Ceci illustre parfaitement le paroxysme de ce désir profond de voyager dans le but, non pas de découvrir une culture authentique, mais un imaginaire perçu. Le voyage n’est plus une ouverture de l’esprit sur l’altérité mais seulement une norme statutaire permettant de visiter les lieux communs de notre temps.

Contre ces préceptes, une nouvelle tendance apparaît. Il s’agit de chercher de l’authenticité, rencontrer des locaux, vivre des expériences uniques. Pour certains, en voyage, sortir des sentiers battus devient une nécessité afin de rentrer véritablement en contact avec une autre culture.

Ce besoin pressant se fait ressentir et déjà des initiatives comme Cariboo qui émergent afin de répondre à ce besoin. En mettant en relation un local avec un touriste, ces plateformes permettent de renouer le dialogue entre un visiteur désireux d’apprendre et une culture locale désireuse de transmettre. L’échange peut tout aussi bien être formel à travers une visite « classique » d’un quartier d’une ville, qu’informel. La rencontre avec une culture peut s’exprimer ainsi classiquement à travers des monuments, des œuvres d’art, l’aménagement d’une ville, mais aussi à travers sa musique, ses loisirs et ses coutumes. La rencontre avec un habitant local permet alors de vivre ou tout de moins de s’initier à certains usages locaux, de découvrir des coutumes et les codes d’une société … etc. De cet échange découle alors une ouverture de soi à l’autre. Bien plus qu’une simple visite d’une ville, c’est une initiation à une culture et une rencontre avec une personne que proposent ces nouvelles expériences.

Finalement, il suffisait de replacer l’humain au cœur du tourisme pour le rendre authentique ! Ce recentrage de l’humain au cœur des services ainsi que cette recherche de l’authenticité sont autant de marqueurs d’une société qui commence tout juste à émerger. Les nouveaux acteurs de l’économie du partage comme Airbnb ou encore Blablacar mettent ainsi la dimension humaine au cœur de leur offre. Il s’agit non seulement d’économiser sur un trajet ou un hébergement mais aussi de faire le choix d’un service « collaboratif », axé sur l’échange et la rencontre avec autrui. Ainsi, selon un sondage Harris Interactive réalisé du 15 au 22 octobre 2014 auprès d’un échantillon de 1 000 Français de plus 15 ans, 36 % des français ont déjà fait appel aux services d’autres particuliers, à titre onéreux ou non, et 29 % ont déjà proposé les leurs.

Jerry, mercredi 19 août 2015

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À propos de Jerry

Je suis un 24 ans, étudiant en école de commerce, et j'ai toujours vécu à Paris. Même si Paris reste mystérieux pour moi, et je continue à découvrir de nouveaux secrets chaque jour. C'est pourquoi j'a I am a 24 year old business school student, and I have always lived in Paris. Even though, Paris remains mysterious to me, and I keep on discovering new secrets each day. That's why I chose a speciali

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